L'homme qui tue les femmes

Première apparition dans la littérature d’un serial killer, par un auteur belge. Des confidences au ton délicieusement suranné et à l’écriture bourrée de talent… A découvrir sans délai…

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En un transport, nos corps se nouèrent plus étroitement que si de tardives fiançailles enfin consommaient la souffrance d’un désir toujours insatisfait. Et quand, aux chaleurs et aux frissons de sa gorge, je conjecturai qu’un même spasme allait joindre éperdument nos haleines, – en cet instant précis, et avant qu’elle eût seulement soupçonné le geste qui éterniserait jusque dans les enfers et paradis sa volupté, – je pressai sur le rasoir et d’une fois lui tranchai les carotides ! Sur ses lèvres tôt violettes, décloses aux immortelles délices, – tandis que, jaillissant en torrentielles gerbes vermeilles, le sang arrosait les aréoles de son sein et fluait entre nos ceintures confondues, – je cueillis ensuite, avec le froid soupir où s’évagua son être, le souffle encore ardent de la minute qui de ses passives entrailles, peut-être pour la première fois, avait fait crier l’amour.

 Cette novella est une bonne occasion de se glisser le  temps de la lecture dans la peau d’un serial killer ; elle permet aussi d’entrer dans l’œuvre de Camille Lemonnier, qu’il n’est pas futile de comparer avec beaucoup d’ouvrages actuels, pâles copies délayées de ce qu’il a été le premier à proposer. (Extrait de la préface de Jan Thirion)